Download in HD

Star Trek, le film

Film de Robert Wise Aventure et science-fiction 2 h 12 min 6 novembre 1979

Une entité d'origine extra-terrestre sans précédent se dirige vers la Terre en détruisant tout sur son passage. L'équipage de l'USS Enterprise est chargé de stopper ce nouvel ennemi.

J’aurais du me méfier.

Mon daron, c’est un accident du genre humain. Mon père, le bien-nommé Django VanCleef, pris sans aucun doute par un pic de sénilité propice à la distribution d’amour, m’a offert un cadeau.

En préambule, essayons par quelques touches et sans prétention, de cerner le personnage. P’pa, c’est le genre de mec taiseux comme un caillou, un regard de rapace planté dans des buissons de sourcils ardents, l’oeil aussi noir et infernal que mon regard et son bleu hypnotique évoquent le ciel et un paradis encore inaccessible.

De temps à autre, quand il s’exprime, c’est pour te demander « C’est quand ton anniversaire, déjà ? », te dire que Macron joue dans la fanfare ou de lâcher, dans un moment d’accalmie, le fascinant « Elle s’appelle comment la p’tite là », en désignant du menton sa propre petite fille. Alors tu lui expliques qu’il pourrait faire un putain d’effort, que le mépris pour sa descendance, sous toutes ses formes, c’est cracher à la gueule de ce morceau d’éternité, cet éden sur terre, ton ADN qui perdure, ordure…

Et te répondre sans un mot, à la Moyenâgeuse, comme quand t’étais gamin, en plantant son regard dans le tien, noir comme N’golo Kante, sans cligner. Môme, un temps, tu pouvais être impressionné. Et encore, ça dépend des mômes. Moi qui suis de type clochard romantique, ça me fait toujours quelque chose. Mon frangin, l’excellent Alee VanCleef, comme il louche, ce regard n’a jamais eu de prise sur lui. Ni avant, ni maintenant. Même ma sœur, la pertinente Leenda VanCleef avait trouvé la parade, lorsque le vieux voulait jouer du regard qui terrasse, elle se cassait. Moi je luttais, essayant d’attendrir la bête, jusqu’à saigner des yeux.

Imagine le jour maudit (là, récemment, je te parle d’un truc frais comme l’amour, celui des premiers jours) où je l’ai entendu me lancer: « Fils, j’ai un cadeau pour toi. Passe à la maison ». Certes, je ne suis pas Michael J. Fox pourtant, mon ami, j’ai tremblé de tout mon corps de fils de con. Un cadeau ! Comme si je le connaissais pas. Ça va être quoi ? Une tête de mouton rôtie où faut commencer par gober les yeux. "Si si, je te dis que c’est comme ça qu’on fait, vas-y fils, mange, je te regarde…" Une paire de baffes ? Comme ça, gratos. Ou pour me dire quelques mots qu’il ne m’a jamais dit, l’arbre avec la flèche dans le coeur, dans la langue de son papa, le bien-nommé Djee Vancleef Senior, pétomane dans l’Orchestre Philharmonique de Béjaïa, mon pépé, celui qui a fait fortune dans la contrebande de jambon de Bayonne au Maghreb.

Ça m’a tellement chauffé la couenne que je lui ai répondu « J’arrive Django, sur le champs ! ». Et oh, faut arrêter, j’suis plus un gamin : je suis plus vieux que le Président de la République, merde !

Donc, direction Montreuil frérot, l’écume aux lèvres. J’arrive, je sonne. Ça répond pas. J’appelle.

« Allo » « Ouais, c’est moi, t’es où ?» « C’est qui ? » « C’est moi, merde, Djee ! Ton fils ! Ça s’affiche pas sur ton téléphone ?» « Si, mais je préfère confirmation, t’es où ? » « De quoi ? Toi, t’es où ? » « Bah à la maison, je t’attends, arioul » « Et je sonne comme un con depuis 5 minutes... » « Ah, t ‘as oublié tes clés ?»

Là, à cet instant, j’ai repensé à Michael J.Fox. Un truc en rapport avec Retour Vers Le Futur, mais en tellement plus dramatique pour ma pomme. Bref.

Il m’ouvre. Je rentre. On se claque la bise. 4, on n’est pas des Belges. Je lui dis: « J’habite plus ici, j’ai plus les clés » « Les autres non plus, et ils ont les clés. C’est pas un hôtel, c’est la maison »

Bim, uppercut verbal dans mon menton de beau gosse. Moi qui m’étais préparé pour le truc avec les yeux, me voilà séché sur mes terres. Bref.

Je lui demande comment il va. Il me répond comme un vieux. Il me demande comment vont ma petite-fille et ma Lison. Je réponds «Tranquilles »

J’ajoute que moi ça va, sinon.

Il me dit: « Fils, je t’ai convoqué aujourd’hui car j’ai un cadeau pour toi »

Je réponds: «Convoqué... jusqu’ici, c’est pas loin d’être le plus beau jour de ma vie, vraiment »

Et là, il me tend un paquet, emballé et tout. Je suis estomaqué, ça sent rien, à première vu, ça doit être une bombe.

« Tu l’ouvres ? »

Je prends une méchante goulée d’air et je m’exécute. S’il reste à proximité, c’est que ça va pas me péter à la ganache.

Et là, surprise. Un coffret Star Trek. Il y a tous les 6 films originaux, l’intégrale de la série originale et même la série animée. Rien d’alimentaire.

« Alors ? » « Je sais pas quoi dire » « Merci déjà ? » « Ouais, merci mais, t’as eu ça où ? » « J’ai eu ça où, j’ai eu ça où ? Au magasin ! »

Mon vieux dans un magasin autre qu’un Lidl c’est de la Science Fiction.

Je demande.

« Quel magasin ? » « Un magasin » « Lequel » « Dans le XI ème, chez Moussa » « Euh...Chez Moussa, c’est pas le café où tu joues au Rami ? » « Si » « Et donc ? Ça fait magasin aussi ? J’adore» « Oui, et estime toi heureux, c’était le dernier exemplaire. T’es content ?» « Carrément. Soulagé surtout. Sauf un truc, je déteste Star Trek sous toutes ses formes ! » « Mais non ! » « Si » « Mais le truc avec Mohamed Kenobi, Dark Kader... » « C’est Star Wars p’pa »

streaming film complet