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Bone Eater

Téléfilm de Jim Wynorski Épouvante-Horreur 1 h 30 min 17 octobre 2007

Des travaux de construction d'une autoroute dans le désert de l'Arizona vont faire apparaître une chose enfouie depuis très longtemps. Des meurtres sanglants sont commis un peu partout dans le pays. Tous les cadavres sont désossés...

Vous voulez passer une soirée à chier ? Mais vraiment vraiment ? Rien de plus simple. On décide de démissionner, va savoir pourquoi, on rentre dans son chez soi, on met la table tranquillement, on boit un ou deux petit laxatif en commandant du mexicain, on se tape l'OST entière de Transformers (trouvable sur youtube), on matte la rediffusion des 40 ans de TF1 en buvant une suze, et on finit par regarder "Bone Eater : l'esprit des morts". Et c'est la soirée de merde garantie. "Bone Eater" fait parti du genre malheureusement trop étendu des films d'horreur complètement loupé sans un poil de potentiel comique, ou alors bien caché. Enfin quand je dis horreur, c'est une supposition, car il n'y a rien dans le film de Jim Wynorski, ou plutôt Bon Roberston parce que je n'ai pas vu le nom de Jim crédité, qui me pousse à dire que c'est un film d'horreur.

Alors l'histoire est loin d'être compliquée, et je me demande s'il était nécessaire d'être deux pour écrire un truc pareil. Oserai-je vous la narrer ? Oui. Un riche blanc veut construire sur un ancien terrain indien. En attaquant les travaux, les ouvriers réveillent le "Bone Eater", composé des âmes des traitres, qui devient le fléau de la petite ville qui doit être arrêté par notre shérif qui reçoit justement sa fille qu'il n'a pas vu depuis deux ans. Voilà l'idée, est-elle bonne ? Pourquoi pas, on a vu plus con. Est-elle mise en valeur ? Certainement pas. On sent pleinement qu'on entre pas du tout dans le but de défendre les indiens et leur culture en les enterrant de clichés tout le long du film. Pour le coup, même "The Shining" de Kubrick est plus explicite quant à sa position sur le massacre des "fleurs de la paix" et autres "courage de l'ours" par les "nouveaux" américains. Ah, voilà qu'on m'interrompt …

Conseil du flic : Quand vous interrogez quelqu'un, faîtes le devant les autres, sans intimité pour que la personne puisse fermer sa gueule paisiblement.

C'est très aimable à vous. Le gros problème de ce film (et Dieu sait qu'il en a des problèmes), c'est son écriture. Les mêmes actions se répètent, les trois premières scènes où l'on voit le "Bone Eater" suivent le même schéma. Il est face à trois imbéciles, les deux premiers meurent vite et le troisième tentent d'être plus malin mais sans succès. Et de son côté, le shérif s'engueule avec sa fille. Tout est toujours pareil, et on atteint des sommets quand le "Bone Eater" chevauche une espèce de gribouillis de sable avec des sabots, qui se déplace avec aisance, tel Sangoku sur son nuage (♫Un petit cheval en os, qui s'élance et rate le plongeoir … ♫). Et si je vous dis course poursuite entre des motos et un cheval, vous me dîtes … musique de Western évidemment ! Et maintenant si je vous dis course poursuite entre une voiture et un squelette géant sur un cheval ? Exact, musique de Western ! Ah, ça va couper chéri …

Conseil du flic : Quand on est flic, on ne montre pas le moindre sentiment quand son frère se fait désintégrer sous nos yeux.

C'est très aimable à vous. Ce manque de rythme et de péripétie est terrible pour notre intérêt qui est déjà bien bas. Et s'il est si bas, c'est en partie à cause des effets qui sont pour le moins catastrophique. Dans mes courtes années d'études, j'étais capable de mieux faire sur Flash. Le Bone Eater et hideux. C'est aussi à cause des dialogues inutiles, brouillon, écrit avec un clou et un marteau dans des chiottes en bois, et ils ne sont même pas assez drôles pour être retenus, à part une ou deux conneries ! Et avec cette absence d'originalité s'en suit des plans aussi pauvre les uns que les autres, il n'y aucune imagination, aucune audace, rien, et les caméramen, de toute façon on les voit de temps en temps faire leur boulot face à des bagnoles ou des lunettes. Et puis … oh merde …

Conseil du flic : Quand on trouve une pièce à conviction, on la touche de partout avec ses doigts.

C'est très aimable à vous. Mais là où il y a un os, ce sont les personnages et leurs adaptateurs. Y a l'acteur du vieux "Tron" qui endosse le rôle un bâtard indien nommé "Renard agile" … c'est plus le nom d'un scout que d'un indien (je le sais, moi-même j'étais hérisson renfrogné). Et qui dit : Un flic, un indien, un ouvrier dit YMCA. Bref. Notre Shérif n'arrive même pas à avoir l'autorité de sa chaudasse de fille qui se balade, les melons au balcon, à tous les coins de rue. Un ange passe les ailes chargé de préservatif … Le Shérif se fait marcher dessus par tout le monde et a jeté son charisme au fond de son tiroir. De l'autre côté on a le méchant industriel, qui a une gueule de méchant et qui parle comme un méchant mais qui au final fait pas grand-chose de mal si ce n'est donner un emploi à des gens dans ce trou perdu. Puis les indiens … alors là … C'est fou cette fâcheuse tendance qu'ont les indiens à ressembler à des mexicains dans les films à petit budget.

Et en vue de l'approche du 14 Février je ne peux que suivre la connerie d'un des personnages des plus romantiques : Moi qui me faisais chier à chercher un cadeau pour la Saint Valentin (Est-ce bien raisonnable ? dixit Desproges), je vais faire comme notre ami ouvrier beau-gosse, je vais trouver un vieux collier horrible dans un chantier et le passer sous l'eau pour le rendre comme neuf. Ça c'est un conseil gratuit, cadeau. Non content d'être ennuyant, ce film soulève plein de question. Pourquoi la peau et le sang disparaît alors que le Bone Eater bouffe que les os ? Pourquoi sa catin de fille a attendu l'âge de 18 ans pour apprendre à faire des toasts ? Pourquoi les médecins portent des lunettes multi-colors dans ce film ? Pourquoi Hollande peut pas faire un discours tranquille, juste un, sans mouche sans rien, pour que l'on puisse rire seulement de ses propos ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Bon Film :)

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