Download in HD

Thin

Documentaire de Lauren Greenfield 1 h 42 min 14 novembre 2006

Le film suit le combat de plusieurs femmes contre des troubles de la nutrition (boulimie, anorexie).

La plupart des documentaires sur les troubles alimentaires sont extrêmement caricaturaux et un brin voyeurs, n'hésitant pas à bombarder leur contenu d'images choc et de clichés inhérents à cette maladie qui ne font que ridiculiser les personnes souffrant de TCA et fausser davantage la réalité de cette pathologie.

Agacée par les reportages à sensations de Tellement Vrai et compagnie qui font régulièrement l'amalgame entre pro-anorexie ( dont le phénomène "thigh gap récemment par exemple qui me déprime fortement), stars à la course à la maigreur et véritable anorexie mentale, je partais vers "Thin" avec un certain apriori .

Bonne surprise, le documentaire est sobre, sans artifices malsains, et se contente "d'accompagner", d'observer discrètement les patientes, dans une logique de compréhension, voire de recherches de solutions. Jamais ces femmes ne sont considérées comme des monstres, des folles obsédées par la nourriture. Ce sont des êtres humains, et tout être a malheureusement ses failles même si elles semblent plus sinueuses chez certaines personnes.

La bienveillance, voilà le sentiment qui semble émaner de ces plans calmes qui ne font que capturer ces instants difficiles et interminables que sont ceux d'une hospitalisation, d'un traitement en plusieurs phases douloureuses. "Thin" se charge de rappeler que non les anorexiques et boulimiques ne sont pas écervelées ni superficielles, juste atteintes d'un trouble comme un autre malade serait souffrirait de tuberculose, à la différence qu'il n'existe aucun remède officiel, le patient se doit de se guérir par lui-même, accompagné par une thérapie. Ces jeunes femmes ne sont pas des gamines de riches capricieuses, tous les milieux sociaux se côtoient. Les éléments déclencheurs sont variables même s'il subsiste certaines constantes ( refus de grandir, conflits familiaux, abus sexuels...).

Enfin le documentaire rappelle que les TCA et notamment l'anorexie mentale ( insidieusement reliée à la boulimie, les deux se succédant régulièrement de manière cyclique ) ne se définit pas uniquement par la maigreur, c'est ce qui m'énerve aujourd'hui en voyant la plupart des reportages consacrés à ce sujet apparemment tabou qui décrivent uniquement une personne anorexique ou boulimique par son aspect cadavérique.

Car lorsqu'un poids normal est retrouvé, certes une partie du chemin vers la guérison est accomplie, mais le plus dur reste encore à faire: la bataille contre l'esprit torturé et littéralement "habité" par la maladie, comme programmé pour l'auto-destruction, la confiance en soi totalement inexistante à retrouver, la vie sociale à construire ou reconstruire, la lutte contre toute éventuelle rechute...Un "après" dont on parle peu et qui constitue hélas une période où les malades finissent parfois par se suicider par désespoir et solitude.

Il aurait été par ailleurs intéressant de signaler que les troubles alimentaires touchent aussi de plus en plus les hommes, absents dans ce documentaire mais dont la souffrance, les obsessions sont très similaires.

streaming film complet