Download in HD

Gloria

Film de John Cassavetes Policier, drame et thriller 2 h 03 min 13 septembre 1980

Une ancienne call-girl se voit confier un garçonnet par un comptable de la mafia qui a donné ses maîtres et va être exécuté. Au fil de sa fuite avec l'enfant, Gloria transformera sa colère en arme de guerre.

Cette critique fait partie de la liste "Looking for Cassavetes". https://www.senscritique.com/liste/Looking_for_Cassavetes/1594997

Suite de mon marathon Cassavetes (après The Killing of Chinese Bookmaker, The Woman Under the Influence, Opening Night et Husbands), j'ai opté pour ce Gloria.

Ce film de 1980 n'a plus le style "cinéma vérité pris sur le vif" de ces précédents films. Cette fois-ci, c'est un Cassavetes "Hollywoodien" avec plus de moyens. John semble d'ailleurs s'amuser avec son budget "autre", via l'introduction avec de beaux plans aériens de NYC qui du Yankee Stadium, qui de la Statue de la Liberté, qui du skyline de Manhattan, qui du Brooklyn Bridge...

Après cette présentation très 80's sur une belle musique de Bill Conti, Cassavetes nous plonge dans un immeuble décrépi où un comptable de la mafia ayant "fauté", convie sa voisine Gloria (Gena Rowlands) à récupérer son enfant de 6 ans, Phil. Quelques instants plus tard, des hommes de main de la "mob", viennent abattre toute la famille du gamin -dans une scène ayant visiblement inspiré le futur Léon/The Professionnal de Luc Besson- laissant Gloria en charge du gamin, bien malgré elle.

Commence alors le one-woman show de la toujours superbe Gena Rowlands. Tout le film repose sur la relation compliquée entre elle et le petit John Adames. Gloria ayant été une "régulière" d'un des Parrains de la "mob", elle est parfaitement consciente que la vie de Phil -et par extension la sienne- ne tient plus qu'à un fil. Phil-quant à lui- a en sa possession le fameux carnet de son père, avec beaucoup d'infos sensibles qui y sont notées.

Ce sera donc un jeu du chat et de la souris dans le labyrinthique cœur de New York.

Cette fois-ci, Cassavetes "abandonne" les tournages "familiaux" -dans tous les sens du terme- et se lance dans cette "grosse production" qui n'en reste pas moins intimiste. La Big Apple est filmée comme une souricière géante, où tous les recoins sont surveillés par des "soldats" de la mafia.

Gloria sort les armes et fait tout ce qui est en son pouvoir pour préserver le jeune Phil d'un funeste destin. Cette femme qui finira même à "s'offrir" comme victime potentielle en échange de la vie du gosse. Mais Gloria n'est pas une âme facile à vaincre...

Décrivant le destin de deux êtres finalement seuls au monde, le film nous dépeint une sorte de "rédemption" de cette femme -qui se définit elle-même comme une "pute", détestant le "lait", c.a.d pas comme une mère- qui va ressentir un nouveau sentiment au fond d'elle-même. Peut-être un commencement d'instinct maternel, qui sait... Et le gamin n'en pense pas moins, au bout d'un certain temps.

Gloria est un film "lent" -comme tous les Cassavetes, cela dit- mais c'est pour mieux faire naitre l'alchimie entre ce duo impromptu. Gena Rowlands est émouvante et juste-comme toujours- et le jeune John Adames n'est pas en reste. A noter la présence de 2 débutants nommés Tom Noonan (Manhunter, Robocop 2) et Sonny Ladham (48 Hours, Predator), dans les rôles d'hommes de main...

En résumé, Gloria est la base de travail de Léon mais en plus intimiste, sorte de huis-clos à ciel ouvert, où ces deux personnages sont à la recherche d'un nouvel espoir, pour une nouvelle vie...

streaming film complet