Download in HD

500 nations, histoire des indiens d'Amérique du Nord

Film de Jack Leustig Historique 6 h 25 min 1 janvier 1994

Avec Kevin Costner

Une fabuleuse saga racontée par Kevin Costner pour partir à la découverte des peuples d'Amérique du Nord, des Mayas aux Cheyennes, en passant par les Wampanoags et Haudenosaunees, les Inuits ou les Nez Percés. « Bienvenue à 500 Nations. Bien avant l'arrivée des premiers Européens quelque 500...

Le choix de cette rétrospective sur l’histoire des peuples amérindiens commence par la fin, par le massacre de Wounded Knee en 1890. C'est un pur choix marketing qui se justifie pour sensibiliser directement le spectateur, mais cette approche misérabiliste d'entrée de jeu m'a un peu bloqué pour rentrer sereinement dans le sujet. Ensuite, le récit se penche sur des théories indiennes de la Création qui m’ont un peu ennuyé. Bref, ça ne commençait pas très bien et j’ai hésité à arrêter net la série.

Mais heureusement, la seconde partie du DVD 1 se penche de manière intéressante sur l’essor des Mexicas jusqu’à la chute des Aztèques à travers des figures comme Moctezuma, Cortes et bien d’autres personnages historiques moins connus. Cette étude historique rassemble des traces écrites, des œuvres artistiques et des témoignages de descendants d’amérindiens qui permettent d’illustrer brillamment le propos et d’intéresser le spectateur. Je suis conquis et je m’empresse de mettre le deuxième DVD.

Dans les trois autres DVD, le même procédé du storytelling – sous la forme d’un conte imagé que l’on raconterait à un enfant sous fond de musique indienne reposante – est utilisé pour raconter l’histoire de C.Colomb, l’arrivée des anglais, l’histoire de la Révolution américaine, de la conquête de l’Ouest, etc. Le récit se centre sur la perspective amérindienne des événements. Ce n’est pas une étude détaillée des rites, de la culture et des coutumes des Amérindiens, mais plutôt une étude historique des relations entre les amérindiens et les colons (espagnols, français et britanniques). Même si cela peut avoir une allure de conte, le contenu informatif est très dense et présenté de manière académique. Tout est bien rangé, classé chronologiquement et un nombre important de tribus est étudié (ça fait une masse de noms propres compliqués-stylés à entendre). Il n’y a pas de cliffhanger appétissants à la fin des quatre parties, mais cela ne m’a pas empêché d’engloutir l’ensemble très rapidement.

Maintenant, j’ai quand même quelques réserves. Jusque-là, je compare cette série à un conte, je vais donc poursuivre l’analogie. Le travers des contes pour enfants, c’est d’enjoliver la réalité, d’inscrire une trop grande démarcation entre les gentils justes et les méchants injustes. Les points de vue adopté par le narrateur et par les témoignages – passionnées mais sans connotation politique – souffrent un peu de ce défaut. Il n’y a évidemment pas de doute sur la responsabilité des colons dans le drame amérindien, comme le montre cette série. Dans un pays qui n’enseigne pratiquement pas l’histoire à ses enfants, rappeler que, non seulement les Noirs mais aussi les Indiens d’Amériques ont connu une masse d’atrocités (violences, déportations, mises en esclavage, massacres, traités violés, etc), c’est leur faire justice en quelque sorte. Cependant, hormis l’évocation d’une petite représaille ou la mention du goût prononcé des Indiens pour l’alcool, la série donne l’impression que les Indiens sont des êtres parfaits dans leur jardin d’Eden, saccagé par l’arrivée des méchants Européens. Il est dommage qu’il soit très peu question des luttes intestines entre les Indiens, ou des atrocités que ces derniers ont pu également commettre.

Comme le dit effacement Kevin Costner – qui introduit sympathiquement chaque DVD – dans le bonus du dernier DVD, « We don’t have to be ashamed but we have to be aware ». Je ne comprends pas les observateurs qui laissent entrevoir qu’une œuvre peut les faire passer pour responsables, pour coupables devant l’histoire (certains propos du type « film qui fait culpabiliser » à la sortie de 12 Years a Slave m’avait bien fait marrer). Pas besoin de s’excuser du passé de nos ancêtres, aussi terrible fût-il. Cependant, il est un devoir d’évoquer des sujets sensibles comme les génocides (même si le mot n’est jamais utilisé dans cette série documentaire), et il ne faut pas s’en défiler.

streaming film complet