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Ghost in the Shell 2: Innocence

Long-métrage d'animation de Mamoru Oshii Animation, drame, science-fiction 1 h 40 min 6 mars 2004

Avec Akio Ôtsuka, Atsuko Tanaka, Kōichi Yamadera

Batou est un cyborg vivant, véritable Rambo androïde, appartenant à l'unité d'élite de la section 9 (anti-terrorisme) œuvrant pour le gouvernement. Il ne peut se défaire du souvenir d'une femme cyborg qu'il a jadis aimée, le major Motoko Kusanagi, disparue dans la matrice, le réseau des réseaux....

Des Gynoïdes – d’ultra-modernes androïdes domestiques féminins – tuent leurs maîtres et s’autodétruisent, non sans avoir lancé un ultime appel à l’aide. La Section 9 est chargée de l’enquête. Mamori Oshhi adapte pour la seconde fois, et toujours aussi librement, le seinen de Masamune Shirow. Le major Kusanagi a disparu, sa conscience/ghost a rejoint la matrice des réseaux internet. Le scénario se resserre sur deux agents, le colossal et cybernétique Batu et le jeune père de famille Togusa.

L’univers d’Oshii est fascinant. Depuis une vingtaine d’années, il poursuit sa méditation : existe-t-il une solution de continuité entre un humain augmenté et un androïde/clone doté de raison ? Envouté par la musique lancinante de Kenji Kawai, je me laisse transporter par les admirables images d’Oshii. Ses mégalopoles clignotantes me hantent… Ses villes sont belles, mais post humaines. Les rares personnages soliloquent. L’humanité a disparu. Entre un Batu dépressif et un colonel distant, les dernières traces d’amour sont à chercher au sein de la famille de Togusa ou au contact du basset de Batu.

Le major et le colosse n’ont conservé de leur humanité qu’un ghost animant un corps parfait, blindé et surpuissant… Le vieux guerrier Kim rejette sa part humaine : « La perfection n’est accessible que pour ceux qui n’ont pas de conscience humaine, ou dont la conscience est infinie, les poupées ou les dieux. » Certes, mais cette toute-puissance cache un talon d’Achille : le piratage. Qu’est-ce que la vérité pour un robot ? Une série de chiffres… manipulables à merci. Bousculé, l’humain perdra la raison. L’androïde ne craint pas l’altération de sa réalité, tout au plus, risque-t-il sa liberté : les poupées ne sont-elles pas les proies du Puppet master ?

Il est temps de conclure. Oshii semble se désintéresser du trafic de Gynoïdes. Par une succession d’ellipses, Batu achève son enquête. Il manifeste plus d’empathie pour les clones que pour les malheureuses enfants asservies… « Si nos dieux et nos espoirs ne sont rien d’autres que des phénomènes scientifiques, alors notre amour est également scientifique. »

Août 2018

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