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Star Wars : Épisode I

Film de George Lucas Action, aventure et science-fiction 2 h 16 min 19 mai 1999

Avec Liam Neeson, Ewan McGregor, Natalie Portman

Le maître Jedi Qui-Gon Jinn et son jeune disciple, Obi-Wan Kenobi, viennent en aide à la très sage reine Amidala, dont la petite planète Naboo est occupée par les droïdes de la Fédération. Contraints de faire une escale sur l'astéroïde aride Tatooine, Qui-Gon Jinn, Obi-Wan Kenobi et Padmé Amidala...

Que ceux qui n'ont jamais aimé Star Wars passent leur chemin, ce qui suit ne pourra être d'aucun intérêt. (déjà, hein, même pour ceux qui ont aimé follement, c'est pas gagné, alors c'est vous dire...)

Bien. Commençons par du consensuel. Histoire de ne pas passer pour fou aux yeux des admirables lecteurs qui auront la bonté de lire les quelques lignes qui suivent. Et surtout pour ne pas les décourager d'aller plus loin. Donc voilà: entre les deux trilogies, je préfère la première (celle de 77-83, hein ? Merci mille fois George pour cet embrouillamini infini), et dans cette première, c'est "l'Empire contre attaque" qui touche le plus ma corde sensible et intime de jeune fan (que je fut) d'hyper espace.

Ça, c'est fait.

Maintenant, passons à la phase "non mais t'as craqué ou quoi ?": dans la deuxième série de trois, c'est "la menace fantôme" que je trouve le plus réussi. Ça saigne, comme assertion, non ? Et j'en ai marre de lire partout et tout le temps que cet épisode est pourri, et Jar Jar Binks par ci, et Big Boss par là, et patati et patata. Et je tiens même à préciser que ce titre de meilleur de la prélogie n'est pas qu'un choix par défaut. Certes, cette trilogie est globalement ratée et décevante. Certes, l'épisode II et III sont mauvais.

Mais il n'y a pas que ça.

Allez, on revient quand même (pour mieux les évacuer) sur ce qui précède rapidement: l'attaque des clones (II) est presque raté du début à la fin. - L'idylle improbable entre deux ados insupportables servis par des dialogues écrits par des admirateurs aveugles, sourds et manchots de Shakespeare traduit en allemand et dont il s'agissait de la première tentative d'écriture automatique. A moins qu'il ne se soit agit des paroliers d'Indochine. - le personnage d'Anakyn interprété par un acteur au charisme proche de celui d'un balai brosse après usage dans la caserne de des commandos parachutistes de Pau. - une histoire de clones improbable - un combat au sabre laser entre un vieillard grabataire et un muppet dont l'intensité dramatique n'est pas sans rappeler les contes de quatre saisons d'Eric Rohmer. Seul passage réussi, le course-poursuite dans le chant d'astéroïdes, mais il ne s'agit que d'une resucée de l'épisode V...

La revanche des Sith (III) n'est pas loin de poursuivre dans cette (mauvaise) veine et ne se rattrape sur la fin que dans ses tentatives de recoller (pas toujours très habilement mais quand même) à la trilogie suivante (celle d'avant, c'est pourtant simple, non ?). Néanmoins quelques belles scènes rendent l'épisode plaisant... sans être inoubliable. (quand même, au rayon ridicule, le cri de douleur du tout neuf seigneur Vador qui rappelle fortement le "Adrieeeeeeenne" d'un Rocky Balboa repris par les guignols).

Reste donc l'épisode 1, la menace fantôme.

Après 16 ans d'absence et les promesses d'un Star Wars en version ILM du 21eme siècle, quelques scènes ont incontestablement provoqué leur ratio de frissons. Le générique du début est à ce titre fortement chargé émotionnellement. Il y a eu un côté magique à revoir les premières secondes d'un Star Wars si longtemps après la dernière fois, et surtout après autant de (re)visionnage au cours des années 80 et 90 des épisodes IV à VI. Cette force ne se retrouvera plus par la suite pour les deux épisodes suivants, précisément parce que nous nous serons quand même rendu compte avec "la menace" que nous ne sommes plus les enfants que nous étions en 77.

Mais alors pourquoi, malgré tout, parler de relative réussite pour "la menace fantôme", alors que le scénario montre déjà tout ce que George Lucas a raté au cours de cette prélogie dont il parviendra jamais à assembler la cohérence ? - Parce qu'il nous a été donné de voir pour la première fois depuis longtemps de chouettes scènes de bataille spatiale comme on n'en voyait nulle part ailleurs à cette époque (nous sommes alors en 1999). - Parce que la course de pod, si artificielle qu'elle ait été dans le récit, est assez réussie tant techniquement que dramatiquement. - Parce que le combat final aux sabres lasers apporte un vrai plus par rapport à la trilogie originale et est, à mon sens, la plus réussie des 3 derniers opus de la saga. Le sabre de Dark Maul est à la fois beau et efficace, la musique est superbe ("Duel of the fates" est sans doute le seul vrai passage où l'on retrouve notre bon John Williams), l'ensemble rendant le climax, couplé avec la bataille de Naboo, vraiment réussi. - Parce que quelques traits de l'histoire et les capacités des Jedis étaient assez bien développés. - Parce qu'on trouvait dans "la menace fantôme" des explorations de la galaxie assez proches de toutes les oeuvres qui avaient proliféré pendant les 16 ans post "retour du jedi" (BD, livres, jeux de rôles) et qui étaient assez sympatoches à retrouver.

Et puis parce que Jar Jar Binks m'énerve pas plus que ça.

Donc, au total, et surtout si on considère que cet épisode est le moins mauvais (le meilleur ?), on peut raisonnablement estimer que cette seconde trilogie est quand même passablement ratée.

Soit c'est ça, soit c'est qu'entre 1980 et 2000 j'ai vieilli. (mais alors pourquoi le seigneur des anneaux est-il, lui, arrivé à me faire replonger en enfance ?)

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