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Les Tigres volants

Film de David Miller Romance et guerre 1 h 42 min 8 octobre 1942

1941, en Chine. Les Tigres volants, dirigés par Jim Gordon, combattent les japonais dans les airs. Woody Jason intègre un jour l'escadrille.

Dire que j'étais serein à l'idée d'entamer ce film serait exagéré ; une oeuvre de 1942, avec John Wayne pour son premier rôle de film de guerre, évidement, pour qui a vu le terrible "Bérêts Verts", l'épreuve risque d'être terrible. Mais tant pis ! Un film de zincs reste un film de zincs alors je fonce !

Quelle surprise ! Mais quelle heureuse surprise ! Le générique final défilant, me voilà en train de me dire que ce film obscur valait largement les quelques euros qu'il m'avait coûté. Merci les Editions Atlas !

L'histoire est assez simple : les Tigres Volants sont une escadrille de volontaires US qui, en 1941, s'amusent à trucider des "Faces de Citron" pour le compte de Tchang Kai Tchek, leader nationaliste chinois qui apprécie déjà moyennement Mao. Pour l'essentiel ces pilotes sont des aventuriers, des soudars de toutes origines dont le futur Greg Papy Boyington sera l'une des figures de proue les plus connues. D'ailleurs il est intéressant de noter que Jim Gordon alias John Wayne soit appelé Papy par ses hommes tout comme Boyington ... Recrutés par le général Chennault, conseiller auprès des autorités chinoises, ils assurent un semblant de défense aérienne face à l'invasion nippone qui a commencé en 1937. Payés avec un salaire fixe faible que venait gonfler des primes en fonction du nombre de victoire, ce sont de purs mercenaires.

Ce film pose des bases classiques quant aux portraits évoqués mais rendons à César ce qui est à lui, au regard de sa sortie il est l'un des précurseurs du genre qui sera moult fois copié, ici dans Pearl Harbour, là dans Top Gun et autres Aigles de fer.

A la tête de cette escadrille redoutée des Japonais, John qui est déjà Wayne. Impeccable, beau, fort, il est un commandant parternaliste, fier, courageux mais aussi humain, lorsqu'il doit annoncer gérer les doutes ou la mort de ses pilotes. Un très beau rôle, bien meilleur ici que celui qu'il campera plus tard dans Les Diables de Guadalcanal où il sera bien plus caricatural. Aux côtés de ce pilote presque parfait, le jeune qui arrive pour se faire descendre dès la première sortie, le rebelle cynique qui va trouver une forme de rédemption finale en la personne de John Carrol, très bon, lui aussi. Autre figure classique que celle du pilote perdu, devenu alcoolique, et que sa femme va envoyer au combat pour lui permettre de sauver son âme. Bien entendu, il mourra, mais que sa femme sera soulagée d'avoir pu lui offrir une mort digne. Et puis qui dit pilote, dit femme fatale : une infirmière, deux pilotes tournant autour, dont l'un va mourir en se sacrifiant ... ça ne vous rappelle rien du côté d'un certain Pearl Harbour ??? Vous me croirez ou non mais les scènes de romance sont ici bien moins cul-cul, ce qui est un comble pour une oeuvre aussi ancienne... non ?

Inutile de se cacher derrière son petit doigt, ce film de 1942 est avant tout un film de propagande : les Japonais bombardent des civils ce que David Miller illustre à grands renforts de films d'époque piqué aux Japonais et de gros plans sur de pauvres enfants chinois que les bonnes âmes de l'Oncle Sam viennent secourir. Cependant, j'ai été assez agréablement surpris par le traitement des Japonais ; ici pas de racisme comme dans Aventures en Birmanie, des Japonais pas si idiots se faisant certes descendre, mais capable de tuer des pilotes US sans utiliser nécessairement de perfidie. C'est bon de voir un ennemi qui n'est pas réduit à un simple tas d'animaux grimaçants. Du coup, le discours de Roosevelt après Pearl Harbour qu'on a droit d'entendre en long à travers les regards sombres de chacun des protagonistes prend plus de force, plus que dans un film récent où on baise dans des parachutes et coule des bateaux parce que c'est fun. oui, ce film que je ne veux plus citer m'énerve au plus haut point.

Autre belle surprise, les séquences de combats, mêlant archives (pas toujours pertinentes il est vrai, j'ai vu un Polikarpov biplan soviétique et un Spitfire anglais), maquettes (assez bizarres d'ailleurs, des sortes de P40 aux formes étranges) et pilotes filmés en studios. Tout ceci est bien mis en avant, correctement filmé, dans la droite ligne de ce que nous avait offert l'excellent - en la matière - Les Anges de l'Enfer. Bons effets spéciaux, quelques zincs rares comme des Mitsubishi type 96 et des chasseurs à train fixe Nakajima Ki-27, c'est toujours ça de pris.

Un bel hommage aux pilotes, un sujet assez exotique, une histoire sympa, un patriotisme décent, un John plein de Wayne, ces Tigres Volants méritent de sortir de l'oubli. Bon, à éviter pour une soirée en mode dîner aux chandelles mais, franchement, il est intéressant et, surtout, jamais ennuyeux. Une belle surprise.

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