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Leprechaun 4 : Destination Cosmos

Film de Brian Trenchard-Smith Épouvante-Horreur 1 h 35 min 1996

Avec Miguel A. Núñez Jr., Rebekah Carlton, Guy Siner

Sur la planète Dominia, au XXIe siècle, un immonde lutin kidnappe la princesse Zarina dans l'espoir de monter sur le trône. Mais une troupe de soldats de l'espace compromet le projet du sinistre personnage, avec à leur tête, Mittenhand, un scientifique fou, mi-homme mi-machine depuis l'une de ses...

Leprechaun c'est ce petit lutin malicieux doué de pouvoirs magiques issu du folklore irlandais, le cinéma d'horreur en a crée une franchise au début des années 90, le rendant diaboliquement drôle et cruel. Pas mal axé sur le gore et l'humour donc, les trois premiers volets furent cohérents dans le délire pseudo nanardesque, ce quatrième donne déjà envie de sourire rien qu'en lisant le titre et le synopsis, je ne voulais que me marrer du début à la fin en me demandant si on pouvait pousser encore plus loin les limites de la connerie.

Et on en est pas loin, le registre horreur est mêlé à de la SF dans un univers en carton pâte (totalement assumé je pense), les premières minutes donnent la température du niveau de ringardise du projet, un vaisseau spatial à l'équipage cliché au possible : le sergent gueulard, les soldats d'une lourdeur machiste et d'une beaufitude folle (sans compter sur le renoi rigolo de service et le gars dont tu sais qu'il va être le survivor, car le seul avec une pointe d'humanité), deux femmes forcément gaulées au débardeur bien rempli (la perverse et la gentille frigide), bref on sait tout de suite à quoi et à qui on a affaire ... En parallèle, l'introduction du Leprechaun est faite sans petite nuance mystérieuse, on le balance en plan de coupe face à une princesse toute en paillettes dans une grotte visqueuse bizarre, les dialogues sont hautement ridicules, même en voulant rentrer dans le délire croyez moi c'est dur, très dur, on comprend pas le décalage, le réalisateur tente un mix entre de la SF se voulant futuriste et de la fantasy, le lien est tendu !

Et dès les premières scènes d'action on constate les effets spéciaux carrément fauchés (on avait déjà eu un aperçu du level lors des plans spatiaux à peine dignes de la Sega Saturn), c'est pas immersif pour un sou, c'est ultra mal réalisé, tout est naze au possible, sauf un élément, le Leprechaun, interprété par Warwick Davis ("Willow"), il n'y a que lui qui légitime le film, 2-3 scènes dans la première demi heure sont sympathiques (dont une à mourir de rire), on retrouve ce côté délicieusement machiavélique du farfadet et le code humoristico-gore qui rendait les anciens volets un minimum cool. Mais ... le gros problème de celui ci c'est que l'humour volontaire et astucieux ne dépasse pas le premier tiers du film, on est ensuite totalement englués par les clichés du nanar chiant et lourd, je n'ai même plus cherché à comprendre les enjeux du scénario tellement on est dans les viles recoins des chiottes du cosmos, on récure tout de même pour caresser l'espoir de revoir une situation amusante, mais en vain, absolument tout est insupportable et on subit.

Et puis ce savant fou mi homme mi robot avec sa maquette en latex pour les plans de dos on se demande bien pourquoi il est présent mis à part pour jouer la carte du cyborg mode Terminator & co pour faire "hype" (ce volet date de 1997 et la fin de cette décennie reste une période bien sombre pour le genre). Tout ce qu'on pouvait imaginer concernant l'équipage se produit, la perversité des beaufs et la luxure de la gonzesse sont sanctionnées par la justice divine de notre petit lutin, restent forcément les gentils sous tout rapport (le Stallone du pauvre et la blonde qui couche pas le premier soir), cette princesse qui ne manquera pas de nous laisser un plan nichon d'une solitude gênante et ... le renoi, grosse surprise, je spoil je sais mais bon vu l'état du dossier c'est pas bien grave ne me blâmez pas.

Mais le pire du pire c'est que le Leprechaun n'a plus rien de malicieux et perfide, il est victime de la volonté totalement conne du réalisateur à vouloir en faire un instrument de ses effets visuels programmés via Windows 95 et pour rentabiliser des décors à l'échelle, lors de la dernière partie il ne sert strictement plus à rien et crève comme une merde. À côté de ça les ultimes survivants achèvent le film d'une manière piètrement convenue et d'une bêtise incroyable, le générique arrive tel un majeur levé en l'air (référence pointue à un des derniers plans), même si on est tout de même rassuré que le bordel soit terminé, pfiou.

"Leprechaun 4" est un nanar de haut vol, certes assumé mais qui ne parvient même pas à divertir (malgré les efforts de Warwick Davis), pour faire un bon nanar il faut un minimum de sens et d'humour, mais là tout est bordélique et étalé comme une confiture moisie sur du pain rassis, du coup c'est difficilement digeste, une scène efficace pour un film de 1h30 qui n'en fini pas c'est bien trop maigre pour être conciliant. À éviter.

Cycle NanarWeek : http://www.senscritique.com/liste/Nanar_Week_Les_navets_de_la_semaine_Participatif/582606

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