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La Malédiction finale

Film de Graham Baker Thriller et Épouvante-horreur 1 h 48 min 20 mars 1981

Avec Lisa Harrow, Barnaby Holm, Mason Adams

Damien Thorn a aujourd'hui 32 ans. C'est un homme froid et calculateur dont le seul credo est le Mal et dont la seule ambition est la domination du monde. L'heure de l'apocalypse a sonné. Le Mal est parmi nous. Cet épisode terrifiant de la trilogie voit le sort de toute l'humanité dépendre de...

Le gros problème de cette "malédiction finale", c'est l'étiquette qu'on a voulu y coller...ou plutôt ce qu'on en attendait, à savoir un film d'épouvante, du fantastique au mieux. Mais il s'agit davantage d'un thriller, à qui on a voulu rajouter une couche de fantastique, par la force. Le résultat est déroutant, pour plusieurs raisons.

Les morts provoqués par l'antechrist, Damien Thorn, sont banales, ont l'air accidentelles et n'ont rien de visuellement "choc", ce qui est déjà une volte-face par rapport aux précédents opus. Cohérent avec le film, pas vraiment avec un film d'épouvante. Si on se replace d'ailleurs dans cette optique, les morts sont à la limite du ridicule.

Ensuite, le "message" délivré...à savoir aucun. Et pourquoi ? Parce que la fin annule tout le reste du film. Bien que je ne sois sur la question pas très objectif, le film m'a donné la sensation de faire davantage l'apologie de Damien thorn. Il est certes manipulateur et ordonne la mise à mort de nourrissons sans sourciller, aussi violent que doucereux...mais à aucun moment la mise en scène, ses adversaires - incompétents et grotesques- ne lui donnent le rôle d'antagoniste. En soit, ce n'est pas un problème, personnellement, ériger l’antéchrist comme un nouveau dieu n'est pas quelque chose qui me choque, nous sommes dans la fiction et cet antéchrist reste un magnat tel que ceux que nous avons dans la réalité et qui dirige le monde, c'est cynique mais lucide. Seulement, la fin est à l'opposé de ce "message" : brutale, indigente, elle vient comme un cheveu sur la soupe, comme si le réalisateur avait changé d'avis à dix minutes de la conclusion. Cela rend le film bancal et le termine sur un couac catholico-grandiloquent assez incongru.

Pourquoi ces 6 points, alors ?

Oublions que nous regardons un film d'épouvante. Regardons "La malédiction finale" comme un thriller vaguement fantastique, rien de plus. Damien Thorn est selon moi, parfaitement campé par un Sam Neill enjôleur, à l'aise dans son rôle. On pourrait presque croire que le diable n'existe en fait pas ailleurs que dans le sourire de Damien, qui manipule son monde, la touche fantastique est ici superflue, la laisser suggérée par les propos de Damien- notamment dans ce puissant monologue adressé au diable et au Christ qui reste une des scènes fortes du film - aurait été amplement suffisant.

L'impression que me laisse ce film, c'est que le réalisateur avait une idée bien précise en tête, celle de faire un thriller s'appuyant sur le charisme et la personnalité complexe de Damien Thorne et qu'on ne lui a pas laissé faire à son idée. J'en retiens le monologue dans la "chapelle" de Satan, la prestation de Sam Neill et la musique de Goldsmith, un peu trop omniprésente, cependant.

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