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Astérix et les Indiens

Long-métrage d'animation de Gerhard Hahn Animation, aventure, comédie 1 h 25 min 5 avril 1995

Avec Roger Carel, Pierre Tornade, Henri Labussière

Jules César, excédé d'être humilié par les irréductibles Gaulois, décide de faire enlever Panoramix. Les romains l'emmènent au bout du monde afin qu'il tombe dans le vide, or en le catapultant, le druide attérit en Amérique et est recueilli par une tribu d'indiens. Astérix et Obélix, ayant assisté...

Après 3 volets de la Gaumont dans les années 80, le bébé est refilé à... pardon ? Ce film est Germano-Espagnol ? Bon... pourquoi pas. Après tout dans les adaptations d’Astérix en jeu vidéo, ce sont les Japonais qui ont rendu la meilleure copie. Et puis, après le raté modéré du 3e film Gaumont, ça ne pouvait que remonter.

Ce film est donc tiré de l’album « La grande traversée ». Alors qu’il débute, on sent que le numérique a fait une entrée fracassante quand on voit la terre telle qu’ils se la représentaient à l’époque, toute plate. Esthétiquement dans l’ensemble du film, il n’y aura pas grand-chose à redire, sauf peut-être une fois ou deux. Pierre Tchernia est toujours le narrateur, et les principaux personnages de l’univers d’Astérix ont toujours les mêmes interprètes.

(Spoilers)

Les Romains, une fois n’est pas coutume, n’en peuvent plus des Gaulois, du coup, ils décident de… accrochez-vous, va falloir vous préparer à être stupéfaits : Capturer le druide. Ouais, c’est beau l’inédit ! Comme ils croient la terre plate, ils veulent le pousser au-delà des mers, pour qu’il tombe dans le vide. Panoramix, seulement accompagné de Idéfix (les leçons du passé n’ont pas été tirées) est parti en forêt pour cueillir les ingrédients nécessaires à sa potion et il se fait capturer cette fois.

Seulement, les Romains au lieu d’être discrets ont la bonne idée de l’attacher tout en haut du mat de leur bateau et bien sûr sans bâillon sur la figure pour qu’il puisse appeler à l’aide ! Astérix et Obélix partis pécher dans une petite embarcation prennent la galère en chasse. De haut, les deux embarcations en CGI rendaient sans doute plutôt bien il y a 20 ans mais aujourd'hui, elles ne sont pas forcément magnifiques. La tempête qui suit par contre est plus réussie d’un point de vue graphique, c’est un moment assez trépident, les effets de lumière sont pas mal et la musique aide bien. Ainsi, Astérix et Obélix perdent de vue la galère.

Au village, on se sent mal barré sans Panoramix, ils n’ont qu’une faible réserve de potion et Obélix n’est pas là. Il y a plus de gravité que d'habitude dans leur situation. Pendant ce temps, les Romains testent une nouvelle arme : La catapulte à lion. J’aime l’idée, bien que le lion qui se retrouve finalement catapulté dans les bras de César et lui fait un grand sourire gêné, je trouve ça toujours autant hors de propos chez Astérix.

Plus tard dans la galère, l’officier Romain qui a kidnappé le druide et Idéfix jette le clebs aux requins. Mais, cliché cinématographique N°371 : « Dauphinus Ex Machina ! » Oui, dès qu’on a un souci en mer, les dauphins sont là pour aider c’est bien connu. Un dauphin va non seulement protéger Idéfix du requin mais en plus : Quelle coïncidence ! Il retrouve on ne sait comment l’embarcation avec Astérix et Obélix.

Et attention, ces derniers qui avouent n’avoir aucune idée d’où ils sont, retrouvent aussi la galère dans la foulée. Oui, vous savez : L’océan Atlantique, cette petite rivière de 106 millions de kilomètres carré. La galère catapulte Panoramix derrière les falaises de ce qu’ils pensent être le bout du monde. Astérix et Obélix vont le secourir et constatent qu’il y a tout un monde derrière, une forêt gigantesque ! Les décors et la musique donnent une impression assez épique, leur émerveillement est parfaitement souligné. Par contre là, dans un rayon de quelques kilomètres et alors que la réalisation souligne bien les heures passées, ils ne retrouvent pas Panoramix. En clair, ils ne sont bons que lorsque le terrain de recherche est 10 millions de fois plus grand.

Au matin, Astérix est attaqué par un indien et fait prisonnier, il est attaché à un poteau de torture dans leur village indien. Plus tard, Obélix qui dormait encore au moment de sa capture part à sa recherche. C’est alors qu’il aperçoit une jeune fille poursuivie par des animaux qu’il ne connaît pas, des bisons en l’occurrence. Un énorme troupeau qui charge. Mais cliché cinématographique N°235 : Quand on est poursuivi on va forcément buter sur le seul truc dans le coin susceptible de faire trébucher, un caillou en l’occurrence, et quand ce n’est pas un caillou c'est une racine, une souche ou une connerie du genre.

Et au lieu de se relever, elle reste là regarder les bisons arriver pendant des plombes, alors qu’ils sont encore à 200 mètres. « Au secours, je n’ai que 20 secondes pour me relever, c'est beaucoup trop court ! » Obélix arrête le troupeau et la sauve. Cette jeune femme est un personnage est destiné à avoir une importance relative, fatalement Astérix a toujours été un univers assez masculin alors il faut placer une fille pour plaire aussi aux petites filles.

Sur son poteau, Astérix retrouve Panoramix. Et là : Quelle coïncidence ! A un quart de seconde de prendre une hache dans la tête, Astérix est sauvé par Obélix. Ce dernier règle la situation d’autant plus qu’il a sauvé la fille du chef. Ils sont intronisés dans la tribu, si ce n’est que leur sorcier (bidon) ne voit pas ça d’un bon œil. Le soir, on danse, une fois n'est pas coutume dans les Astérix, on met une chanson inutile pour perdre du temps… bon… ça passe parce qu’elle est assez entraînante et son style à peu près conforme à la situation. Panoramix, lui, prépare de la potion et la démonstration qu’en fait Astérix attire la convoitise du sorcier.

Ce dernier tend un piège aux 3 gaulois en leur faisant fumer un calumet de la paix qui en fait les assomme quelques heures. Et il kidnappe Panoramix, ça fera jamais que la 5e fois en 7 films, la moyenne est toujours inférieure à une fois par un film. Obélix en se réveillant à des hallucinations et met le souk dans le camp en courant n’importe où. Il se retrouve même avec un ours sur ses épaules, ours qui le fait dévier, effrayé à l’idée de le voir piétiner un enfant… quand vous aurez décidé d’enfin arrêter avec vos animaux/humains vous me préviendrez !

Dans une grotte, le sorcier bidon essaie de soutirer la potion magique à Panoramix, qui lui fait un simple bouillon de légumes. Furieux, il s’apprête à poignarder le druide. Plus d’une minute plus tard, il ne l’a toujours pas fait. Bah évidemment attendez, quand il a sorti son couteau, il était à vue de nez à plus de... 2 mètres de Panoramix, faut pas croire, c’est une sacrée distance ! Il y est presque mais là : Quelle coïncidence ! Astérix arrive à temps. Seulement le sorcier a un ours pour le protéger. Et celui-ci n’a pas l’air d’être du genre à sauver des bambins, il a l'air méchant celui-là. Astérix a sa gourde de potion et il décide de… ne pas la boire tout de suite. D’abord il prend le temps de dire :

« Je te réserve une petite surprise, tu vas regretter de ne pas être un ours en peluche ! » Puis il fait une pause de plusieurs secondes où il le provoque par son attitude corporelle. Panoramix doit lui dire « Astérix bois avant qu'il ne soit trop tard ! », car ce dernier n'a pas l'air d'avoir réalisé qu'en principe un ours n'appréciera pas la force de sa réplique. Bon, comme un abruti sa gourde lui glisse des mains mais il la rattrape, il cogne l’ours et le sorcier, voilà qui est réglé, il est temps pour nos amis de rentrer.

Ils rentrent au village après une séparation déchirante et une chanson guimauve. Mais le village a été brûlé, les Romains les ont eu finalement. Seul Assurancetourix y est encore, attaché et bâillonné. Les autres sont tous prisonniers du camp romain, mais destinés à être mangés par les lions dans l’arène. Et ceux là ils ne leur feront pas de sourire gênés je crois ! Astérix et Obélix arrivent avec de la potion et les voilà libérés.

On se finit par un banquet où Obélix raconte leur périple. Pour le coup leur chanson ne parait pas de trop, ils font la fête, soulagés d’être sortis de cette mauvaise passe, on termine dans la bonne humeur. Enfin voilà, c’était Astérix chez les indiens. Au menu, bon casting, belle esthétique, pas trop de longueurs, drôle, plus de gravité dans la situation des gaulois, bande son pas mal… mais bourré de faiblesses scénaristiques, je sais que c’est un dessin animé mais ça n’excuse pas tout. Au final, il y a malgré tout de quoi passer un bon moment, sans aucun doute, et c'est un incontestable progrès comparé au coup du menhir.

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