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La langue des papillons

Film de José Luis Cuerda Comédie dramatique 1 h 35 min 24 septembre 1999

Avec Fernando Fernán Gómez, Manuel Lozano, Uxia Blanco

A la fin de l'hiver 1936, dans un village de Galice, c'est la rentrée des classes pour Moncho (Manuel Lozano), un petit garçon de huit ans. C'est la première fois qu'il va à l'école et il a peur, car il a entendu dire que les maîtres battent les enfants. Arrivé le jour fatidique, il s'enfuit,...

Tirée de 3 histoires du recueil de contes "Qué me quieres amor ?" de l’écrivain Manuel Rivas, La lengua de las mariposas narre la vie de Moncho un enfant de 8 ans vivant en 1936 dans un village de Galice et s’intéresse en particulier à la relation qu’il entretient avec son instituteur.

José Luis Cuerda délaisse l’humour et la comédie pour réaliser l’une des ses œuvres les plus profonde et intimiste. C’est un film empli de tendresse et de mélancolie, il peint une image quasi-idyllique de l’Espagne de l’avant guerre civile qui opposa Républicains de gauche et Nationalistes de droite. Les tons pastels de la photographie et la délicate musique composée par Alejandro Alejandro Amenábar (révélé par Cuerda et réalisateur de succès comme Mar Adentro et Ouvre les yeux) renforce la douceur de ce film. En une année Moncho s’éveillera à la vie : il découvrira les merveilles de la nature, l’amitié, l’amour innocent propre aux enfants, verra la passion charnelle dévorer des adultes et sera témoin de l’intensité des sentiments adolescents.

En léger fil rouge, les fêlures de la société espagnole. Cette période semble bénie mais on perçoit des sentiments sous-jacents qui opposeront une "Espagne conservatrice" à une "Espagne libertaire". Une déchirure profonde allait bientôt diviser familles, amis, voisins, collègues et marquer à jamais la péninsule ibérique.

Comme dans toute société, il existe des secrets, des marginaux, des inégalités, des relations interdites. Cela n’est pas révélé ici à la lumière âpre du cinéma de la Movida mais n’est pas omis et permet d’équilibrer ce beau dessin de ce village galicien.

Fernando Fernán Gómez livre une performance toute en tendresse, passion et gravité. Il joue Don Gregorio un de ces maîtres d’école ayant commencé à exercer à la fin du 19ème siècle en Europe, de la même trempe que le père de Marcel Pagnol : des humanistes, athées croyant profondément en la victoire de la science sur la religion et les superstitions. Il souhaite libérer ses élèves du carcan des traditions et leur livrer le présent de la liberté. On pourra lire dans son regard la déception de voir ses idéaux renversés par la force des malaises de la société espagnole. C’est la fin de l’enchantement et le début de temps sombres : 3 ans de guerre civile qui seront suivis par 36 ans de dictature franquiste.

Ce film commence dans la douceur et finit dans l’amertume avec un final poignant marqué par un flot d’émotions contradictoires, un peu semblable à ce que connait l’Espagne d'aujourd’hui, toujours marquée par les blessures du passé.

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