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La Légende de Zatoichi : La Lettre

Film de Kimiyoshi Yasuda Action, historique et arts martiaux 1 h 26 min 30 décembre 1964

Avec Shintarô Katsu, Miwa Takada, Eiko Taki

Sur sa route vers le mont Mitsuyada, où il se rend afin d’y voir le soleil se lever, Ichi est accosté par un jeune homme, Shinsuke, qui lui demande de remettre un pli à sa sœur. Il se rend à l’auberge où celle-ci travaille et y fait la rencontre d’une jeune fille, Saki, à la recherche de son père,...

Un bon épisode de la saga Zatoïchi qui entremêle assez subtilement plusieurs thèmes dans lesquels notre masseur aveugle évolue, tantôt poussé par les circonstances, tantôt de sa propre initiative. L'intro amène innocemment un des thèmes, celui de l'enfant. Zatoïchi sera dans cet épisode tantôt le fils en quête de son père, tantôt le grand frère des enfants qui l'adoptent. C'est sans doute le premier épisode où je vois Zatoïchi trouver des alliés sérieux et fiables, et il faut que ce soient deux enfants. Mais des enfants nomades comme lui, utilisant avec intelligence leurs talents, indépendants et libres. Zatoïchi peut sans doute s'identifier à eux même si ce n'est pas dit et la confiance immédiate qui s'établit entre eux est un signe qu'ils partagent les mêmes idéaux. Un autre thème se chevauche donc avec le premier, c'est celui du tandem père/fils. On évite avec subtilité dans ce film la retrouvaille de Zatoïchi le fils avec son père supposé. Son père pourrait être un sympathique vieil ivrogne mais non, le père de Zatoïchi n'est qu'un songe qu'il devra chercher ailleurs. Pas de drame familial ici mais deux scènes touchantes où Zatoïchi se met à rêver à des retrouvailles sans y croire complètement, et une autre où il purifie son rêve en épargnant celui qui aurait pu être son père mais qui n'est en fait qu'un vieillard misérable et vil. Notre masseur aveugle garde au final l'image de son père intacte, idée qui se marie très bien avec le solstice et la renaissance d'une nouvelle année. Et encore un thème qui se frotte au précédent, la fille et la sœur. Les deux personnages féminins sont au centre de l'intrigue, ou plutôt au centre de deux intrigues qui vont se rejoindre vers la fin du film. La fille du père assassiné et la sœur du meurtrier se rencontrent plusieurs fois jusqu'à en devenir proches sans deviner le terrible drame dont elle se lamenteront une fois qu'il sera mis à jour par Zatoïchi, presque malgré lui. Le masseur prend ici son rôle habituel de fidèle gardien de la femme innocente, plus en tant que frère ainé que comme mari potentiel, à la différence de beaucoup d'autres épisodes. Comme avec les enfants, les rapports qui se construisent entre ces deux femmes et l'aveugle sont de l'ordre de la fratrie. Mais, et les vilains dans tout ça ? Et bien ils se font plaisir pendant une bonne partie du film. Ils ne s'inquiètent pas trop, ils montent leurs plans de pendards. Jusqu'à ce que le grand frère Zatoïchi décide de protéger ses pseudo sœurs adoptives. et de trancher dans le tas, mais juste parce qu'il y est obligé. Le drame est bien amené avec patience et subtilité, mais pas de Zatoïchi sans sabre qui fend l'air. Peu de combats, mais ils sont bien remplis. Des chorégraphies assez sobres qui laissent plus de place aux postures morbides très variées qu'aux gestes meurtriers - mention spéciale pour le yakuza qui joue le mort, Zatoïchi apprécie l'effort. Les combats se font dans la nuit et on s'attarde surtout aux têtes révulsées des agonisants, tout en jouant adroitement avec les clairs-obscures. Et les combats se finiront sous une neige légère qui va purifier les perdants comme le gagnant. Notons les deux samouraïs, personnages intéressants car bien plus malins et droits que les samouraïs que l'on a l'habitude de voir dans les autres épisodes. Bizarrerie du film, un des deux samouraïs disparait du film avant le combat final, une page du script a du s'envoler... Reste un assez beau duel, carrément long pour Zatoïchi. On a été prévenu qu'ils étaient presque de force égale et il s'est donné de la peine. La traditionnelle partie de dés vaut le détour. On ne trompe décidément pas un aveugle rapide comme l'éclair.

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