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Maboul de Séoul

Documentaire de Peter Stuart 1 h 21 min 11 décembre 2013

Avec Antoine de Caunes

Antoine de Caunes, guide infatigable, vous propose cette fois encore de pousser les portes de la perception et de partir à la découverte d'un pays enchanté ; d'autant plus enchanté que ce monde-là est rempli de belles princesses, de non moins beaux princes et d'un magicien élastique... qui fait...

D'un certain point de vue, c'est un documentaire qui passe tout seul, qui ne se prend pas au sérieux pour nous présenter un pays et sa culture à grand renfort de pitreries, de montage dynamique et de blagues potaches. Le problème, c'est que l'on pourrait tourner presque exactement le même documentaire, enlever Antoine De Caunes, changer la mise en scène et mettre une narration plus sérieuse, et ça deviendrait aussi glaçant que The Act Of Killing.

Les idoles de K-pop hypersexualisées mais forcément célibataires et vierges pour pouvoir faire rêver leurs fans ; l'androgynie nécessaire mais l'homosexualité interdite de leurs homologues masculins ; la chirurgie esthétique comme pratique courante des coréennes (les yeux débridés, c'est un minimum) ; le carcan conservateur qui étouffe tellement l'éducation à la sexualité que les jeunes mariés doivent aller dans des parcs du sexe pour s'informer ; la puissance douce des industries musicales et publicitaires qui envahissent l'espace mental des jeunes coréen-ne-s ; la déperdition des activités traditionnelles qui sont remplacées par du rien (mais très flashy)... A côté de ça, les animaux mangés vivants, c'est presque pas gerbant. Presque.

En résumé, en termes de modèle de société, la Corée du Sud, c'est l'Occident sous stéroïdes. C'est magnifique à quel point le capitalisme consumériste et le conservatisme culturel arrivent à s'entendre en envoyant des signaux totalement contradictoires aux malheureux qui les écoutent et en leur remplissant la tête de vide et d'apparence.

Je suis partagé sur l'objet film, car si d'un côté, on sent une volonté de dénoncer un peu tout ça avec quelques remarques bien senties, d'un autre, le montage est si funky pop, et on passe d'un sujet à l'autre avec si peu d'état d'âme, que l'on a envie de dire à Antoine De Caunes de prendre des cours de sciences politiques et sociales.

Bref, maintenant je crois que je déteste la Corée, je pense pas que c'était le but.

PS : je fais l'impasse sur la Corée du Nord.

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