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La Maison hantée

Film de Robert Mandel Épouvante-Horreur 1 h 40 min 6 mai 1991

L'histoire qui est arrivée à Jack et Janet Smurl a passionné toute l'Amérique, l'histoire vraie de la lutte d'une famille ordinaire contre le Diable...

Toi qui as salivé en entendant un jour quelqu'un dire de cette obscure Maison Hantée "Ouah ce film, purée ! Quand j'étais gosse il m'avait trop trop traumatisé ! Ça fait trop peur !", abandonne tout espoir.

Commençons par le commencement: c'est un téléfilm. Un téléfilm de 1991. Il ne faut donc pas s'attendre à un déluge d'effets spéciaux ni à trop d'audace visuelle.

L'introduction nous explique sobrement qu'il s'agit d'une histoire vraie, et qu'il aurait été admis que les phénomènes paranormaux vécus par la famille Smurl se seraient réellement produits (Quelques rapides recherches sur l'affaire "Smurl haunting" via nos amis Google et Wikipède nous permettront d'émettre quelques doutes, mais peu importe, nous avons envie d'avoir peur).

Dés les premières minutes de visionnage, une étrange sensation se fait sentir... C'est mal réalisé, mal joué, éclairé avec les pieds, l'image est laide, la musique semble désincarnée... Pire: ça ne fait pas peur. Serait-ce en fait un assemblage de séquences de reconstitution d'une émission de type "Les enquêtes impossibles" ou même "Mystères", collées les unes aux autres en ôtant les passages où Pierre Bellemare récapitule ponctuellement les évènements et fait du teasing pour être bien certain que le spectateur ne zappe pas lors des publicités?

Car force est de constater que sans celui qu'on surnomme le Père Castor de la TNT pour nous tenir en haleine, le film est plutôt mou et lentement déroulé. Les rares manifestations paranormales sont fort discrètes (ou fort ratées) et on se prend à souhaiter aux Smurl de souffrir d'avantage pour nous divertir. En attendant on lutte contre le phénomène dont les plus grands experts ont reconnu l'existence: l'ennui. Quelques apparitions foireuses, la famille qui se heurte au scepticisme des proches et de l'église, les séquences se suivent et se répètent ainsi sans susciter grand intérêt. Mais voilà que débarquent soudain à notre rescousse les célèbres Lorraine et Ed Warren, le démonologue et la médium de The Conjuring ! Nous voilà sauvés mes amis, et les Smurl aussi ! On va avoir droit a notre terrifiante scène d'exorcisme de la baraque ! La salsa du démon est pour bientôt ! Ça va dépoter ! Mais le Mal est tel que ni les Warren, ni leur eau bénite et leurs prières n'en viendront à bout, et s'en iront aussi rapidement qu'ils sont venus, préférant certainement aller exorciser de la poupée dans un autre film. Le démon de l'ennui nous possède bel et bien et nous voilà contraints à lui céder, condamnés à nous assoupir devant la télé.

Seulement voilà: A un moment, le film vrille. Pas très longtemps, mais suffisamment pour rester gravé dans nos mémoires à tout jamais. Pas parmi nos pires terreurs, non. Ou peut-être que si, on ne sait pas, ça dépend de la sensibilité de chacun (Toi qui ne veux pas te spoiler le film, quitte immédiatement cette critique. Les autres c'est bon, vous pouvez rester). Laissez moi vous décrire la chose:

Pile à la moitié du film, alors que le bon père Smurl est entrain de regarder un match de Baseball à la télé pendant que sa femme est couchée, la pièce se retrouve soudainement baignée d'une lumière rose fluo tandis qu'une inconnue blonde en nuisette descend l'escalier. A peine le père Smurl a-t-il le temps de lui bredouiller "mais qui êtes vous ?" que la succube se jette sur lui, le plaque au sol et le viole. Pendant ce viol surréaliste, monsieur Smurl proteste, car la femme se change en gros bonhomme sale à perruque façon Emile Louis de cabaret. Une fois son forfait accompli, la Bête satisfaite disparait dans un flash.

Après cette fulgurance mémorable qu'une production TROMA n'aurait pas renié, le film redevient une ennuyeuse et plate reconstitution bellemaresque, jusqu'à ce que grâce à la foi de quelques chrétiens locaux armés de cierges et de chansons, les démons soient chassés de la maison. A l'issue d'une paisible élipse durant laquelle madame Smurl nous explique que la famille a choisi de déménager bien qu'il ne puisse plus rien leur arriver d'affreux maintenant ♫ , le plan final nous surprend alors avec un fantôme déguisé en tache noire informe qui fait face à la mère Smurl tétanisée dans le living room de leur nouvelle demeure !

Les démons, auraient-ils, comme Woody et Buzz à la fin de Toy Story, réussi à se raccrocher in extremis au camion de déménagement des Smurl grâce à une petite voiture télécommandée et une fusée de feu d'artifice ?

Nous ne le saurons pas. On ne nous le dira jamais. On nous cache des choses. En guise d'épilogue et de justification d'absence de résolution de l'intrigue laissée en suspens, un encart nous explique que les phénomènes ont finalement perduré quelques temps avant qu'un exorciste vienne faire le ménage pour de bon. Ceci n'était donc pas un cliffhanger.

Flute.

Si vous avez trop peur de visionner la chose en entier, si vous vous en tamponnez de vous gâcher le plaisir ou si vous êtes simplement de sacrés petits voyeurs, je vous invite à sauter directement à la scène surréaliste du viol, visible ici

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